135 €. Ce n’est pas le prix d’un plein d’essence, mais la sanction qui tombe, même sans mauvaise foi, si la moindre erreur s’invite sur votre certificat d’immatriculation. Au-delà de l’amende, une carte grise avec un nom erroné complique la vente, bloque l’assurance et peut vous mettre hors-jeu lors d’un contrôle routier. L’administration ne plaisante pas : rater une virgule sur ce document, c’est s’exposer à une cascade d’ennuis, parfois bien plus lourds qu’on ne l’imagine.
Carte grise au mauvais nom : pourquoi régulariser rapidement est essentiel
Quand le nom sur votre carte grise ne correspond pas à votre identité, ce n’est pas un simple détail administratif. Ce document fait de vous, ou non, le propriétaire légal du véhicule. Et si l’intitulé n’est pas le bon : l’amende de 135 € guette, la revente devient mission impossible, l’assurance peut vous claquer la porte au nez et, en cas de litige non réglé, huissier ou Trésor public peuvent frapper à votre porte.
Le SIV (Système d’Immatriculation des Véhicules) garde la mémoire de chaque changement. Une carte grise au nom de l’ancien propriétaire, par exemple, alerte sur une cession non déclarée, une succession qui traîne, ou un transfert inachevé. Pire : le transfert de propriété peut être bloqué par une OTCI (opposition au transfert du certificat d’immatriculation). Celle-ci peut venir du Trésor public, d’une banque, d’un assureur, voire d’un expert automobile selon le contexte.
Régulariser, c’est restaurer vos droits, mais aussi éviter une série de complications. Voici ce que vous risquez à laisser traîner :
- Refus d’assurance ou absence d’indemnisation après un accident,
- Litiges avec l’administration fiscale en cas de PV ou d’amende,
- Blocage total lors d’une tentative de vente ou de don à un tiers,
- Inscription au Fichier des véhicules volés si un litige persiste.
La procédure de changement de carte grise attend rarement. Depuis la dématérialisation, tout passe par l’ANTS (Agence Nationale des Titres Sécurisés) et son site officiel. Si le dossier bloque, inutile de tourner en rond : sollicitez le défenseur des droits ou un médiateur de la consommation selon la nature du conflit.
Étapes et conseils pratiques pour corriger une erreur d’identité sur votre carte grise
Avant toute chose, repérez l’origine de l’erreur sur votre carte grise. Cession non déclarée, faute de frappe lors de la demande, oubli de mise à jour après un déménagement : chaque cas impose des justificatifs spécifiques. Préparez les documents suivants pour constituer un dossier robuste :
- L’acte de cession avec le formulaire CERFA n°15776,
- Le certificat de situation administrative (non-gage),
- La carte grise barrée, signée par l’ancien propriétaire,
- Un justificatif d’identité et de domicile récent,
- Un contrôle technique valide si le véhicule a plus de 4 ans.
La suite se joue en ligne : connectez-vous à l’ANTS via France Connect. Sélectionnez la rubrique pour corriger une erreur sur le certificat d’immatriculation, transmettez l’ensemble des pièces demandées et validez. Surveillez tout signalement d’opposition : une OTCI pour amende impayée bloque la demande, il faudra alors régulariser auprès du Centre Amendes Service ou de l’ANTAI avant d’aller plus loin.
Pensez à vérifier que le VIN (numéro d’identification du véhicule), la plaque d’immatriculation et la carte grise correspondent bien. Un outil comme Histovec permet de retracer l’historique du véhicule. La déclaration de cession, quant à elle, protège l’ancien propriétaire si des contraventions arrivent après le changement. Une fois la demande acceptée, l’imprimerie nationale imprime le nouveau certificat, expédié ensuite par La Poste directement chez le titulaire.
Une simple coquille sur une carte grise peut transformer la possession d’un véhicule en parcours semé d’obstacles. Régulariser, c’est retrouver la maîtrise : le volant vous attend, sans embûches administratives sur la route.


